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Alimentation et précarité

Pour les personnes en situation de précarité, l'accès à une alimentation équilibrée peut s'avérer très complexe et ainsi impacter le capital santé.

Outils et actions de l’association

Notre groupe de travail  a développé des actions et outils dédié à la thématique « Alimentation et précarité ».

Découvrez nos outils « Alimentation et Précarité » pour les professionnels

Découvrez nos outils « Alimentation et Précarité » pour les parents

Les enjeux

Les populations en situation de précarité ont des difficultés à accéder à une alimentation équilibrée ce qui conduit à une diversité alimentaire moindre et une consommation de produits transformés et de boissons sucrées importante et plus forte que dans des populations plus aisées. Ceci est particulièrement notable sur la consommation de fruits et légumes, nettement inférieure aux recommandations journalières. Or un déséquilibre alimentaire, notamment dans la petite enfance peut entraîner de nombreuses carences et augmenter également significativement le risque d’obésité et de diabète1.

On estime que chaque année environ 110 000 enfants naissent sous le seuil de pauvreté en France2. Ces familles en situation de précarité, souvent monoparentales, vivent parfois dans des conditions de vie très précaires qui combinent notamment horaires de travail décalés, absence de matériel de cuisine et contraintes financières importantes.

Ces difficultés sont autant d’obstacles supplémentaires pour proposer à leurs enfants une alimentation adaptée. De plus, les recommandations nutritionnelles des professionnels de santé, parfois contradictoires, ne sont pas toujours adaptées à l’héritage socio-culturel de ces familles. Par exemple, certaines mères ont des difficultés à cuisiner les produits conseillés, comme certains fruits et légumes qu’elles ne connaissent pas. Pour compenser, elles peuvent avoir recours à des plats cuisinés, bien souvent non adaptés aux besoins spécifiques des bébés3.

Afin d’améliorer cette situation, Delphine PICCA, Sociologue de l’alimentation, suggère4 d’inverser quelque peu la situation en encourageant les professionnels de santé et émetteurs de messages nutritionnels à tenir compte davantage des pratiques et coutumes alimentaires. Enfin, il reste encore nécessaire d’unifier les discours des différents acteurs du système (médecin, PMI, travailleurs sociaux) et idéalement, de créer une cohérence entre les discours et l’offre alimentaire, notamment dans les lieux de distribution destinés aux personnes en état de précarité.
En effet ces familles rencontrent de nombreux accompagnants, qu’ils soient professionnels de santé, du monde associatif ou de la petite enfance. Ils sont ainsi des acteurs clés pour transmettre les messages.

Il est donc essentiel de les sensibiliser aux enjeux autour de l’alimentation au cours de la période des 1000 premiers jours de vie et de leur donner des clés pour les aider à mieux transmettre les messages essentiels, en tenant compte de la diversité des personnes en situation de précarité et/ou de grande vulnérabilité qu’ils accompagnent.


1 ANSES, Disparités socioéconomiques et apports alimentaires et nutritionnels des enfants et des adolescents, Rapport d’études, décembre 2012
2 Programme MALIN http://programme-malin.com/presse/decouvrir-malin/malin/
3 BIHA, Précarité et impact sur les comportements de santé : consommation de fruits et légumes et prise en charge du diabète, Thèse CNAM, 2011
4 Alimentation Santé et Petit Budget, n°44, janvier 2009