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Point de vue des professionnels de santé

Différentes études scientifiques ont été menées au sujet des 1000 premiers jours de vie des bébés et leurs conséquences sur le capital santé de ce futur adulte.

Des études démontrent l’importance de la période des 1000 jours

À la fin des années 80, l’épidémiologiste britannique David Barker montrait qu’un petit poids de naissance chez un bébé, lié à une sous-nutrition, augmentait le risque de survenue d’infarctus du myocarde à l’âge adulte.

Depuis, plusieurs milliers d’articles relatifs à des études de cohortes menées dans divers pays confirment cette hypothèse : la manière dont un individu débute sa vie influence sa santé à très long terme. Les chercheurs ont en effet démontré que des changements de l’environnement auxquels se trouvent exposés les gamètes, le fœtus, puis le nouveau-né peuvent augmenter les facteurs de risque vis-à-vis de certaines maladies chroniques (obésité, diabète, hypertension, etc.).

Leurs conclusions sont aujourd’hui regroupées sous le concept de DOHaD (Developmental Origins of Health and Diseases ou « origine développementale de la santé et des maladies »), qui a depuis donné, entre autres, son nom à une société savante francophone regroupant des scientifiques et cliniciens de tout horizon.

Une notion initiée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

Dans l’objectif de ralentir la mal-nutrition, le concept des 1000 jours a été abordé par l’OMS. L’alimentation, le mode de vie et l’environnement des premières années de l’enfant constituent un des facteurs de risque ou de résistance à développer plus tard ces maladies.

L’Organisation Mondiale de la Santé a publié récemment un rapport qui présente les données les plus actuelles sur la nutrition maternelle, la prévention de l’obésité et les maladies non transmissibles dans la région Europe (Good maternal nutrition : the best start in life. OMS, 2016). De plus, dans son rapport « Report of the Commission on Ending ChildHood Obesity, OMS 2016 », l’OMS affirme sur des bases scientifiques solides et des opinions d’experts, que cibler cette période du cycle de vie contribuera à améliorer la préparation à la grossesse et à la parentalité, ainsi que la santé nutritionnelle de la mère et de l’enfant. Le même rapport indique combien l’allaitement maternel est essentiel pour optimiser le développement du nourrisson et ce dans le cadre d’une stratégie globale de prévention de l’obésité chez les enfants.

L’action du Grand Forum

Fort de ces données scientifiques et de la reconnaissance à l’échelle mondiale, le Grand Forum des Tout-Petits a réunit des experts pour travailler sur la connaissance et l’appropriation qui pourrait être faite des « 1000 jours » dans notre pays, auprès des professionnels de santé et du grand public. Le fruit de leurs réflexions aboutit en 2015 à un Manifeste, « Manifeste pour les 1000 premiers jours de vie », co-signé par 16 sociétés savantes et associations, avec 5 principales recommandations.

1 – La politique de prévention devrait être considérée comme une priorité dans les politiques de santé;

2 Les expertises et recherches ne doivent pas cesser et devraient figurer parmi les priorités de financements publics;

3 – Fixer des repères nutritionnels adaptés à cette période de vie;

4 Augmenter la communication auprès des jeunes parents ou futurs parents;

5- Faire bénéficier les professionnels de santé d’informations et de formations appropriées pour la transmission de ces informations et des bonnes pratiques aux parents.